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  Les vacanciers optent pour le luxe

      Le Figaro Magazine (Presse, France) - 30 Janvier 2008

Aujourd'hui, le tourisme haut de gamme représente 25% des dépenses mondiales liées au voyage.

Une étude récente montre que les Français privilégient hébergements et prestations de qualité. Quitte à partir moins souvent.

Selon une étude du cabinet ­Protourisme, publiée le 20 décembre dernier, les hébergements haut de gamme gagnent la faveur d'un public plus important, alors même que les prix ont en moyenne augmenté de 7 % entre 2006 et 2007. « La qualité est le leitmotiv pour tout séjour, y compris pour les foyers aux revenus plus modestes, qui préfèrent partir moins souvent en privilégiant les prestations de qualité », indique l'étude. Les séjours dans les établissements français et étrangers les plus qualitatifs progresseraient ainsi de 10 %, tandis que ceux en catégorie deux-étoiles baisseraient, eux, de 6 %. Se faire plaisir et oublier un temps la morosité du pouvoir d'achat, telles semblent être les aspirations des voyageurs encouragés par les campagnes de pub des professionnels qui ont inscrit le voyage grand confort au premier rang des rêves contemporains. À côté des circuits standards, se développe en effet le voyage sur mesure, organisé par les tour-opérateurs spécialisés (Kuoni, Terres de charme, Austral Lagons) ou repositionnés sur ce secteur porteur. Même d'anciens routards comme Terres d'aventure et Atalante se sont lancés.

D'après Godeleine Vérin, directrice de production chez Jet tours, cette recherche de qualité gagne du terrain depuis deux ou trois ans. Au point que les voyages au soleil à plus de 300 € par jour et par personne connaissent une croissance à deux chiffres. «Le haut de gamme concerne les 30% des Français qui possèdent les plus hauts revenus. Le voyage de luxe, quant à lui, cible les 2 % des Français les plus fortunés.» Mais à lui seul, ce tourisme de luxe représenterait 25 % des dépenses mondiales liées au voyage. Et, mieux encore, son «style» créerait la tendance. Confirmation de Marc Watkins, président de Coach Omnium, société d'études marketing et économiques pour le tourisme et l'hôtellerie: «Comme pour les grandes marques de mode abordables par leurs accessoires, ou la haute gastronomie démocratisée par les livres de recettes, cette «ultra-niche» du luxe tire tout le marché vers le haut. Et les demandes ponctuelles d'un public à plus faible pouvoir d'achat participent aussi à son développement.»

Pas de mystère donc, le luxe paie. Austral Lagons affiche cette année une croissance de 40% de ses passagers en partance pour les îles de rêves : en 2007, ils ont été 15 000 (contre 11 000 en 2006) à avoir déboursé 3 300 € en moyenne (par personne) pour un séjour aux ­Maldives ou sur l'île Maurice. Chez ­Kuoni en 2007, les séjours de la brochure « Emotions » ont vu leur chiffre d'affaires grimper de 20% : «Cette progression est due avant tout à une augmentation des prix, reconnaît Emmanuel Foiry, président de Kuoni France. Le prix moyen par client est passé de 5 000 à 5 900 € entre 2006 et 2007. Mais le nombre de passagers 1 400 cette année , a quand même progressé de 6-7 %.» Même tendance aussi chez Nosilys (+ 40% en 2006), avec un prix moyen par voyage avoisinant 5 800 €.

En «tribu»

Mais qui sont ces « happy few » vacanciers ? Chez Jet tours, qui a créé il y a 5 ans sa très select brochure «Secrets», «ils représentent les “top 2”, autrement dit les 2% de la population aux revenus nets annuels dépassant 85 000 €. Le plus souvent Parisiens, Bordelais ou résidant en région Paca, ils sont âgés de 35 à 45 ans et 25 % d'entre eux partent en famille avec enfants.» Chez Kuoni, les candidats au voyage d'exception partent aussi souvent en «tribu»:«À quatre, six ou même douze, pour les fêtes de Noël, indique Emmanuel Foiry. Ces voyages réunissent parfois trois générations, ou des familles recomposées. Les budgets peuvent atteindre des niveaux très élevés. Je pense par exemple à ce couple avec deux enfants qui a payé 110 000 € son séjour dans une villa de 1 000 m² aux Seychelles.»

L'hébergement est le poste clé du voyage luxueux. «Le voyage se construit autour d'adresses exceptionnelles. Il devient une façon de transporter son chez soi dans un lieu extraordinaire et de se rêver tel qu'on voudrait être» , indique Godeleine Vérin. Aujourd'hui, le voyage ­éthique dans des sites extrêmes ou très préservés a le vent en poupe : pour visiter les grands espaces du Botswana ou de Patagonie en classe nabab, les hébergements en lodges ou écohôtels affichent souvent complet six mois à l'avance. Dans les capitales, les hôtels design ou les hôtels-spas de couturiers ­(Givenchy, Bulgari) peuvent aussi constituer des destinations en soi. À la montagne, le boom des hôtels 4-étoiles a rencontré sa clientèle. Et, hors Europe, les villas d'hôtels rivalisent de démesure. La palme revient sans doute à celles du Touessrock, à Maurice. Prix de la robinsonnade : 5 000 € par nuit, chez Kuoni.