textile equipment, textile machinery africa, ethiopia, tanzania




  Les Seychelles, havre des Robinsons chics

      Le Point (Presse, France) - Janvier 2008

LE JOUR où le ciel de l'île Maurice s'est ouvert aux vols charters, les hôteliers seychellois se sont frotté les mains. Car à côté de ces masses de vacanciers, attirées par les promotions, les offres spéciales et les prix cassés, la clientèle la plus huppée, celle qui exige de rester à l'écart des foules, celle aussi qui se montre plus soucieuse de la qualité de son séjour que de l'addition finale, allait se mettre en quête de nouveaux paradis. Et forcément se tourner ver les Seychelles dont les arguments ne manquent pas.

D'abord, une géographie d'archipel qui éparpille plus de 100 îles à la surface de l'océan Indien. Rien à voir avec la voisine mauricienne, une seule terre, ceinturée par des dizaines d'hôtels et pénalisée par la circulation intense qui règne sur les petites routes glissées entre les champs de cannes. Aux Seychelles, on fait le tour de « son » île à pied ou à bicyclette. Avec un paréo et une paire de tongs pour seules civilités.

Ensuite, des plages somptueuses (certaines sont régulièrement désignées comme étant les plus belles du monde), longues, larges, invariablement désertes.
Autre argument, un parc hôtelier qui, ces dernières années, a multiplié les nouveaux palais. Banyan Tree, Maia, Northolme, Méridien à Mahé (l'île principale), Lémuria (Praslin), Sainte-Anne Resort, North Island, Labriz Silhouette, Ronde, Alphonse, Denis, Frégate sur les îles du même nom. Sans oublier une bonne dizaine de projets qui vont sortir de terre d'ici à 2010. Autant d'adresses quatre ou cinq fois étoilées, dotées de spas, de tables de référence, d'équipements hi-tech, de villas privées...

Des plongées d'exception

Enfin, le séjour sur l'une quelconque de ces îles, offre une vraie parenthèse au citadin ordinaire. Inspiré par de paisibles tropiques jamais trop fréquentés, il pose ses marques dans un cadre nature que traversent tortues centenaires et milliers d'oiseaux de mer, ajoute des plongées d'exception à la promenade sous une forêt primaire telle que la virent ses premiers découvreurs. Impossible de ne pas succomber.

Certes, les grincheux pointeront des tarifs qui descendent rarement sous la barre des 3 000 eur la semaine (par personne, vols compris) ainsi que des tarifs locaux dignes des boutiques des Champs-Élysées, par la faute d'un cours des changes obligé mais bien peu réaliste. Sans oublier que le séjour aux Seychelles conjugue généralement la découverte de plusieurs îles (au minimum Mahé, Praslin et La Digue), et que le coût des liaisons locales, par avion ou par bateau, alourdit d'autant le budget des vacances. Qu'importe : signe de l'engouement des Français (+ 19 % cette année), les tour-opérateurs Austral-Lagons, Jet tours, Kuoni, Tourinter, Exotismes... multiplient les propositions. Et Air Seychelles vient à la fois de remodeler sa classe affaires et d'ajouter un sixième vol hebdomadaire au départ de Paris.
Une manière de contribuer à l'épanouissement de cet État de grâce, auquel il ne manque ni la coquetterie de l'habitat ni le plaisir de la table, encore moins les bonheurs du quotidien qui alterne plages somptueuses et promenade sous la cocoteraie, rencontres souriantes et terrasses romantiques. Les Seychelles s'offrent ainsi, dans leur plaisante authenticité. Sans frime, ni chichis. Celle des îles sous les tropiques, comme on en rêve, comme on aimerait qu'elles ne changent jamais.

JEAN-PIERRE CHANIAL