textile equipment, textile machinery africa, ethiopia, tanzania




  INDUSTRIES : Textile et tourisme en quête de cieux plus cléments

      L'Express (Maurice) - 16 août 2008

Il n'y a plus de saisons. En Europe, l'hiver devient de plus en doux et s'approche même plus tôt que prévu. Il devient difficile de différencier les températures hivernales des températures estivales. Les conséquences économiques des changements climatiques se font sentir à Maurice.

Le textile mauricien notamment, important pourvoyeur de devises étrangères, accuse le coup. Le plupart des opérateurs doivent faire face à une réduction des commandes. Réduction directement liée au changement de saison car, comme
l'explique Beas Cheekhooree, directeur général à RS Denim, «la demande dans l'industrie textile dépend de la mode, qui dépend elle-même des saisons».

Or, les saisons sont de plus en plus irrégulières. Et la mode, volatile. Il en résulte que «la notion de collection saisonnière n'existe plus de nos jours. Les collections changent tous les deux mois». Ces changements entraînent un effort d'adaptation des techniques de production et du fonctionnement des usines.

Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association, fait remarquer que «le secteur textile mauricien s'est continuellement adapté aux évolutions. Les produits en laine par exemple ont laissé la place à des produits plus légers». En effet, la demande en pulls a considérablement baissé. La tendance est plutôt aux châles, moins encombrants et faciles à enlever.

D'autre part, même les couleurs des vêtements ne sont plus spécifiques à une saison. Les couleurs sombres ne sont plus l'apanage des collections d'hiver. De même que les couleurs vives se portent à tout moment de l'année.

L'industrie a dû constamment s'adapter, investir, se renouveler. «Les changements de saisons et les évolutions de la mode ont fait perdre beaucoup d'argent et de clients à l'industrie textile mauricienne», conclut Danielle Wong.

Du côté du secteur touristique, le son de cloche est différent. Que l'été européen soit doux ou pas, cela n'a pas de conséquence significative par rapport au nombre d'arrivées dans notre île. Si les vacanciers européens se tournent principalement vers d'autres destinations où le temps est au beau fixe, ils se rendent aussi dans d'autres pays européens. C'est une tendance caractéristique de nos marchés traditionnels tels la France, le Royaume-Uni ou l'Allemagne.

De plus, Maurice accueille beaucoup de familles et de couples. C'est donc un profil très particulier de touristes qui vient en majorité au pays. Et ces touristes ne sont pas de ceux qui réagissent instantanément face à la sévérité d'une saison. Ils ont plutôt tendance à réserver plusieurs mois à l'avance billets et chambres d'hôtel. Plusieurs établissements annoncent d'ailleurs déjà un taux de remplissage satisfaisant pour la fin de l'année.

Il n'empêche que la basse saison est, cette année, en dessous des attentes. Entre janvier et juin, la croissance a été de 5,5 %, avec un total de 455 758 arrivées. Des partenaires de l'industrie touristique ont donc décidé de se tourner vers certains marchés européens à la capacité de réaction rapide. La Mauritius Tourism Promotion Authority a par exemple lancé des campagnes promotionnelles dans certains pays européens, comme l'Espagne, afin de donner de l'impulsion au secteur.

Si ce n'est pas le climat qui affecte le tourisme mauricien, d'autres facteurs rendent la conjoncture actuelle difficile pour le pays. L'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice a fait ressortir que les coûts opérationnels ont connu une hausse, notamment en raison du carburant. L'appréciation de la roupie et l'augmentation des prix des produits alimentaires compliquent aussi la donne.

Le textile et le tourisme, deux des piliers de notre économie, ont donc de nombreux défis à relever. Il ne suffira pas d'attendre passer l'hiver en espérant des jours meilleurs.


 

Fidèle HONVOU